|
L'été voit chaque année son lot de chiens abandonnés sur le bord des routes de vacances. Le refuge Saint Roch accueille ces animaux dans de bonnes conditions, avant de les soumettre à l'adoption. Découverte de ce lieu où les chiens semblent en congé.
Les vacances des uns sont parfois synonymes de séjours illimités pour les autres. Chaque été voit en effet son lot de chiens et de chats abandonnés sur le bord des autoroutes ou même à quelques pas chez eux, simplement parce que les animaux ne sont pas toujours admis en résidence hôtelière. Et le phénomène se reproduit inlassablement d'années en années. Le refuge Saint-Roch de Saulx-les-Chartreux accueille ainsi chaque été de nouveaux pensionnaires. Heureusement est-on tenté de dire, les maîtres assument aussi parfois leur choix de se séparer de leur animal en se rendant directement au refuge.
"La moitié des chiens abandonnés que nous recueillons ont un maître identifié", constate Béatrice Gallas, la présidente de l'association du Refuge Saint-Roch. Et, l'on comprend que certains maîtres préfèrent se donner bonne conscience en cherchant une solution avec le refuge animalier.
Les conditions de vie des chiens n'ont ici rien à voir avec celles de la SPA où des centaines d'animaux restent de longues heures cantonnés dans leur cage. Les caniches, boxers ou autres batards peuvent gambader à longueur de journée dans un jardin, sans non plus former une meute.
Le refuge Saint-Roch n'a effectivement pas le droit d'accueillir plus de neuf chiens à la fois dans la mesure où il ne dispose pas des infrastructures propres aux éleveurs. Reste que si peu nombreux soient-ils, chacun doit se faire sa place et s'affirmer par rapports aux autres. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles chaque animal est stérilisé, une façon d'atténuer leur dominance "On évite de prendre trop de chiens avant I'été cor nous savons bien qu'il y aura comme chaque année des abandons pendant cette période", prévoit Béatrice Gallas. "Nous essayons de convaincre les maîtres qui nous sollicitent qu'il y a toujours des solutions, ou bien d'attendre la rentrée". Ce qui n'empêche pas de voir les abandons. "Il ya même des gens qui n'hésitent pas à balancer leur chien par dessus la clôture du refuge", s'indigne Renaud Benoist, l'un des dix bénévoles que compte l'association. Collégienne, Charlotte passe par exemple une bonne partie de son été à s'occuper des chiens abandonnés.
DÉCÈS, PRISON, PERTE DE LOGEMENT
Stan est un jeune boxer tigré avec de belles taches blanches. Il vient d'être confié au refuge
Saint-Roch par une dame, qi a perdu son logement et hôtel oblige, elle a dû se séparer de son animal préféré. Pour un autre chien, le décès du maître n'a offert aucune autre alternative. Hugo, lui, un grand et beau chien tout plein de poils, regrette certainement aujourd'hui encore que son maître soit derrière les barreaux. A 12 ans, il est le doyen du refuge, et cela fait déjà un an qu'il est pensionnaire. "Les jeunes et petits chiens sont adoptés assez facilement ce qui n'est pas le cas des vieux et/ou gros chiens", constate la présidente de l'association. Reste que le refuge fait pour la plupart figure de tremplin vers une nouvelle vie. En deux ans d'existence, il a en effet fait adopter plus de cent cinquante chiens, à raison d'environ une à deux adoptions par semaines. Leur prix varie entre 92 et 145 euros, selon l'âge et la taille donc. Une somme qui ne permet évidemment pas à l'association de rentrer dans ses frais. Elle bénéficie pour cela de subventions du département et de la municipalité, qui prête déjà le terrain, et fort heureusement de dons. Chaque animal passe par une période d'adaptation en famille d'accueil, "et non d'essai", comme le précise Renaud Benoist. Une fois définifivement acquis, l'animal verra de toute façon les responsables du refuge lui rendre visite pour s'assurer de ses conditions de vie. Reste que l'association cherche également des familles d'accueil pour quelques semaines afin que chaque toutou reçoive toute l'affection qu'il mérite.
Olivier Fermé
LE RÉPUBLICAIN
|
|